|
Mercredi, 09 Décembre 2009 02:00 |

La toile est recouverte par 50 ans de poussière de toiles d'araignée et de diverses saletés.
On me dit : "C'est normal, ma mère l'a acheté au château du village, après la guerre et depuis, elle est la "..
La bijouterie est recouverte de ce genre de vert de gris
caractéristique d'un laiton ancien où le cuivre était présent en
quantité plus importante dans l'alliage.
Les clous monogrammés se voient à peine ..
Les cornières cuir sont présentes avec leurs milliers de petit clous .
On ouvre... L'intérieur a un capiton déchiré, comme souvent, les clous de capitonnage se sont, en partie, échappés ..
L'étiquette m'indique la date de fabrication... la malle date entre
1900 et 1909 .. ce sont les premières années du monogramme au
pochoir ..
Elle est sale, poussiéreuse mais on pourra la sauver !
J'avais emmené 3 ou 4 livres historiques sur Louis Vuitton, pour
montrer au propriétaire d'où leur malle provenait, ce que je
pouvais en faire ...
Près du poêle, en Alsace, le Kachelofe, nous nous réchauffions.
Je tentais de faire partager ma passion, en expliquant l'histoire des malletiers.
J'expliquais comment il serait possible de restaurer cette pièce.
Souhaitait-il la conserver, la faire restaurer ou la vendre ?
Il fut choisi de nous la vendre et, après un chèque et le
certificat de propriété (les personnes sont toujours surprises que je
demande le N° de carte d'identité ... mais c'est une obligation, de
façon à pouvoir contrôler l'absence d'objet volé et connaître
l'origine des pièces d'une collection).
Un coup de main pour la ranger dans notre voiture et je reprenais la route ..
Comme souvent, je suis resté quelques jours sans rien faire, à regarder la malle dans son état "sortie de grange" ..
Quand on tient une restauration de cette qualité, on s'en imprègne .. on en profite avant ..
Une fois débutée la restauration, je sais que je ne saurais pas m'arrêter, tellement j'aime cela .
On commence toujours par dépoussiérer partiellement... on nettoie les laitons etc..
J'ai souvent l'impression, quand je fais des retouches, d'être
restaurateur de tableaux. Ce sont les moments où je rêve à
l'histoire de ces objets.
Parfois (mais surtout chez Goyard), on trouve une trace au crayon,
à l'intérieur du fût, avec des inscriptions du genre : Paul
01/08... nous montrant que le Paul en question, l'ouvrier
malletier, ne s'imaginait pas qu'en 2008-2009 un hurluberlu
retrouverait sa trace et s'amuserait de l'absence d'indication du
siècle ...
D'autres fois, on trouve une trace d'étiquette... Chicago, Koblentz ou Singapour, pour les plus exotiques ..
Les initiales du chiffre de celle-ci .. P.O.F ? Un mystère de plus à résoudre et une source de rêverie de plus ..
Voila c'est l'histoire d'une restauration .
|