La Marque Louis Vuitton a su perdurer à travers les années, se renforcer et devenir aujourd'hui leader du marché de la bagagerie de luxe. Aujourd'hui, nous consacrons un dossier à ses dirigeants qui ont, grâce à leur génie, su transformer et adapter la marque à l'air du temps.

 


 

 

CHAPITRE 1 : LOUIS VUITTON, PORTRAIT D’UN ARTISAN TALENTUEUX


Portrait Louis VuittonGravure : Louis Vuitton

          Tout le monde a déjà entendu le nom « Louis Vuitton ». Tout le monde sait à quoi ressemble leur toile marron aux monogrammes LV, devenue si célèbre qu’elle est aussi la plus contrefaite au monde. Mais qui est Louis Vuitton, fondateur de la marque ? Aujourd’hui, nous vous livrons le portrait d’un homme parti de rien qui est entré dans l'histoire.
          Né le 4 Août 1821 au moulin à eau Chabouilla près d’Anchay, dans le Jura, Louis Vuitton a vécu au sein d’une famille plus que modeste. Son père, meunier et menuisier lui apprend très vite à manier les outils et travailler le bois. Il décide, à l’âge de 16 ans, de quitter le domicile familial pour tenter sa chance à Paris et parcourt les 400 kilomètres qui le séparent de la capitale à pied. Ayant l’âge d’être un apprenti et sachant manier les outils à bois, il entre dans l’atelier de Monsieur Maréchal, un layetier-emballeur-malletier (métier qui consistait à emballer les nombreuses affaires de voyageurs fortunés) et réalise des coffres de voyage.

          Louis Vuitton se démarque par son goût de l’esthétique, son travail délicat et bien fait ainsi que sa discrétion. De plus en plus de clients de Monsieur Maréchal insistent pour que ce soit le Jurassien qui s’occupe d’emballer leurs affaires. Il devient d’ailleurs l’emballeur préféré de l’impératrice Eugénie en 1852. La révolution des moyens de transport, avec notamment les trains à vapeur et les automobiles, développe le tourisme international. Les voyages deviennent de plus en plus accessibles. Louis Vuitton a donc une révélation : plutôt que de créer un emballage spécifique à chaque objet, pourquoi ne pas faire une ligne de bagages de luxe innovants et fonctionnels ? Il crée donc sa première boutique « Louis Vuitton » en 1854, 4 rue Neuve-des-Capucines à Paris ainsi qu’une ligne de malles de très bonne qualité et commence à se démarquer avec sa toile gris trianon.

          Louis Vuitton est un homme ambitieux. Il tient à ce que la marque qui porte son nom soit reconnue comme étant la meilleure du marché, non seulement en France, mais aussi à l’étranger. Il décide alors en 1859 de se développer et transfère son entreprise à Asnières, au bord de la Seine afin de profiter du transport fluvial.
          Avec l’aide de son fils Georges, la marque Louis Vuitton commence à se développer à l’étranger en 1885. La première boutique hors de France est située à Oxford Street à Londres, et malgré quelques débuts difficiles, se développe avec grand succès. Ils ouvriront par la suite d’autres magasins à New York et Philadelphie.

          Louis Vuitton meurt en 1892, laissant à son fils Georges un héritage précieux, un véritable empire en pleine expansion. A l’heure actuelle, l’atelier à Asnières existe encore et compte 180 employés travaillant toujours dans la maroquinerie. Parti de rien pour devenir l’un des noms les plus connues du monde, le talent de cet artisan légendaire, sera entretenu d’années en années par ses héritiers.

 


 

 

 

CHAPITRE 2 : GEORGES VUITTON, L'HERITIER A LA MAIN DE FER

 

Photos Vuitton 4Portrait de Georges Vuitton.

          Né en 1857, Georges Vuitton parcourt dès son jeune âge les couloirs de l’atelier d’Asnières. Tout comme son père appelé « Monsieur Louis », George est appelé par les ouvriers de l’atelier « Monsieur Georges ». En 1872, Georges Vuitton a seize ans et rentre de l’Eden House School de St Clement’s, en Angleterre, où il a étudié. Son père considère que deux années d’études sont fort suffisantes et que son fils sera plus utile à Paris dans l’entreprise familiale. Il entrera alors une nouvelle fois dans les ateliers d’Asnières le 2 janvier 1873 en tant qu’apprenti. Il apprend successivement les métiers d’emballeur, menuisier, vendeur, livreur, encaisseur, il apprend à manier le rabot, la varlope et la râpe.

           Louis décide qu’il est temps pour Georges de prendre la direction commerciale de la boutique Louis Vuitton afin que lui-même puisse se concentrer sur la fabrication de nouveaux modèles. Georges est donc présenté aux fournisseurs, clients, relations d’affaires et accompagnera son père, plusieurs mois, à tous ses rendez-vous d’affaires. Le 3 Novembre 1880, Louis Vuitton prend la décision de céder sa société à Georges et lui offre en même temps une dot pour son mariage avec l’héritière Patrelle.
          En 1885, amoureux de l’Angleterre depuis ses études et souhaitant conquérir le marché anglais, George Vuitton ouvre une première boutique hors de France, sur Oxford Street, à Londres. Son but n’est pas uniquement de vendre en Angleterre, mais de rappeler aussi aux Français tentés d’acheter Anglais que les produits Louis Vuitton sont les meilleurs.

          En 1892, Louis Vuitton meurt. Son fils Georges, aidé par toute la famille, lui succède à la tête de l'empire, qu'il développe avec le même succès que le fondateur.
          En 1896, 4 ans après le décès de son père, Georges décide de lui rendre hommage et de contrecarrer une bonne fois pour toute ceux qui copient leur toile en créant la toile monogramme Louis Vuitton. C’est la première fois qu’un créateur place autant sa marque en vue sur un produit. Des années plus tard, elle deviendra la toile la plus contrefaite dans le monde. Il concevra aussi une serrure inviolable, défiée par Houdini, et dont la clé peut ouvrir une même série de malles. Georges Vuitton continuera d’être à la tête de l’empire Louis Vuitton jusqu’à son décès, en 1936.

 Livre : Le voyage : Des temps les plus reculés à nos jours.

 


 

 

 

 

CHAPITRE 3 : GASTON-LOUIS VUITTON, LE COLLECTIONNEUR RAFFINE

Gaston Louis VuittonGaston Louis Vuitton posant à côté de la célèbre malle fleurs de la marque.

          « Je suis presque né dans une malle ! » annonce Gaston Louis Vuitton dans l’émission télévisée « Avis aux amateurs » en 1961.
Gaston Louis Vuitton est né le 30 Janvier 1883. Il est connu pour avoir eu une santé fragile à cause de problèmes de bronchites depuis son plus jeune âge. C’est pour cela qu’il alterne les bancs de l’école et les cures thermales. Il dira dans une lettre au général Henry Marti « Ne m’étant présenté à aucun examen, je n’ai pas subi d’échec ! ». Car Gaston Louis Vuitton était aussi un homme plein d'humour.

          Gaston-Louis Vuitton se marie avec son amie d’enfance le 15 Novembre 1906, alors qu’il est déjà en apprentissage prolongé de huit années à la boutique Louis Vuitton rue Scribe. Il prendra part aux affaires familiales en 1907. En 1910, l’un de ses frères cadets, Jean, décède.
          C’est alors que la première guerre mondiale éclate. A cause de ses bronches, il sera exempté de service militaire, alors que Pierre, le frère jumeau de Jean, y est envoyé. Gaston Louis obtiendra son affectation au service auxiliaire et sera mobilisé le 1er février 1915. Il rentrera chez lui le 10 mars 1919. Quant à son frère Pierre, il est déclaré mort pour la France suite à de graves blessures, le 28 Septembre 1917. Des cinq enfants de Georges et Joséphine Vuitton, Gaston est le seul encore en vie à l’issue de la guerre. Il agrandira la famille avec 7 enfants, dont Thérèse qui mourra avant ses 4 ans.

          A la différence de Louis et Georges Vuitton, Gaston et les frères jumeaux n’aspirent pas qu’aux métiers de malletiers et emballeurs ; Pierre et Jean construisent des voitures légères, aéroplanes et hélicoptères et Gaston, lui, est sensible à la lecture, aux arts, au jardinage et la photographie. Son œil artistique lui permettra de créer de magnifiques mises en scène pour les vitrines des boutiques Louis Vuitton. Les ateliers d’Asnières changent de forme : de fabriquants de malles qu'étaient son père et son grand père, l'entreprise Louis Vuitton devient « Fabricant de malles, maroquinerie, orfèvrerie et articles de voyages » en 1914. Dans les catalogues Louis Vuitton, les produits de luxe se multiplient et se parent de leurs plus beaux atours pour devenir de véritables objets d’art.

           Le krach de Wall Street fera fermer de nombreux établissements des Champs-Elysées : même la Maison Vuitton en souffrira. Mais Gaston s’acharne et s’investit pour maintenir Louis Vuitton au même rang et, malgré les difficultés, ne cède pas à la facilité et garde des produits de haut luxe. A peine se relève-t-il de cette crise financière que, comme son père et son grand père avant lui, Gaston doit faire face à une guerre. Trente-huit pourcents des magasins des Champs-Elysées fermeront dans les trente jours après le 3 septembre 1939. Quelque temps plus tard il partira pour la boutique de Nice et laissera à son fils Henry-Louis le soin de tenir la boutique dans un Paris de Vichy.

          Gaston-Louis mourra en 1970. Il restera connu pour être « Le collectionneur d'objets» et pour son amour de l’art délicat qu’il insufflera non seulement dans sa vie et ses hobbies, mais aussi directement dans la marque Louis Vuitton.

Livres : La Chambre des Merveilles : Les collections de Gaston Louis Vuitton.

 


 

 

 

 

Chapitre 4 : Henry-Louis Vuitton, le méconnu.

 

Henry Louis VuittonSur la photo à gauche : Odile Racamier et à droite Henry Louis Vuitton.
Buste à gauche : Gaston Louis Vuitton, à droite GeorgeS Vuitton
Le portrait au centre : Louis Vuitton.

Henry-Louis Vuitton est né le 10 août 1911 à Asnières, et décédé le 30 Août 2002.
Fils de Gaston-Louis Vuitton et de Renée Versille
Marié le 15 Octobre 1938 avec Mademoiselle Josette Rateau
3 enfants : Colette, Philippe-Louis (décédé), Danièle.

          Après ses études au Cours St.Louis, il entre comme apprenti en Octobre 1928 dans l’usine d’Asnières sous l’autorité de son grand-père Georges Vuitton. En Janvier 1929 pour encourager ses débuts d’apprentissage, Georges devant se rendre aux Etats-Unis pour entreprendre une longue tournée commerciale décide de se faire accompagner de son petit-fils Henry-Louis, alors âgé de 18 ans. Ce sera là son premier grand voyage.
          Après un stage de 2 ans durant lequel il passe dans tous les ateliers pour apprendre son métier de malletier, il commence sa carrière commerciale au magasin des Champs-Elysées où aux côtés de son père Gaston-Louis Vuitton il gravit tous les échelons pour pouvoir dès 1930 être nommé Directeur des Ventes. Il assumera toutes les responsabilités afférentes à ce poste jusqu’en 1945. De 1945 à 1975, il prendra le poste de Directeur Commercial de l’ensemble de la Société.

           En 1959, il est présenté à Gaston-Louis Vuitton un nouveau produit qui sous certaines conditions de chaleur peut être appliqué sur une toile de lin ou de coton. Ce procédé est de suite appliquée à la toile LV qui ainsi traitée garde toute sa souplesse et sa résistance. Très vite Henry-Louis propose à son père de créer une ligne de bagages souples et toute une série de sacs de voyage de dame et de petite maroquinerie. Henry-Louis passe de longues heures enfermé dans son bureau pour créer de toutes pièces entre 25 et 30 nouveaux modèles par an. Certains sont encore en vente aujourd’hui.

          En 1969 il part accompagné de sa femme ouvrir la première agence Louis Vuitton au Japon.
          De 1975 à 1977 date à laquelle il décidera de prendre sa retraite, il sera nommé Président du Conseil de Gérance aux cotés de ses beaux-frères Henry Racamier et Jean Ogliastro. A partir de 1977, il assure les responsabilités de Président du Conseil de Surveillance de Louis Vuitton.

Carrière :
- Président de la Chambre Syndicale Nationale des Fabricants d’Articles de Voyage de 1963 à 1977.
- Vice-Président de la Fédération Nationale de la Maroquinerie et Articles de Voyage de 1963 à 1977.
- Membre de la Cour d’Arbitrage du Conseil National du Cuir depuis 1974.
- Vice-Président au Comité Intersyndical des Elections Consulaires depuis 1973. Il en est nommé Président pour 1983.

Livres :
- La Malle aux Souvenirs en 1984.

Décorations :
- Officier de l’Ordre National du Mérite
- Chevalier de l’étoile Noire du Bénin
- Chevalier de l’étoile D’Anjouan.

Distinctions :
- Médaille Commémorative Guerre 39-45
- Médaille de Bronze de l’Education Physique
- Grande Médaille d’Or du Travail
- Médaille de Vermeil de la Ville de Paris

 


 

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE 5 : HENRY RACAMIER, L'HOMME D'AFFAIRES ECLAIRÉ

Portrait Henry RacamierHenry Racamier.

          Né en 1912 à Pont-de-Roide, dans le Doubs, Henry Racamier est entré d’abord à HEC, puis a fait carrière dans la sidérurgie, choix logique lorsque l’on sait qu’il est fils d’ingénieur. Il entame en 1936 son parcours professionnel aux aciéries de Peugeot. Dix ans plus tard, à la fin de la guerre, il crée sa propre affaire de négoce d’aciers spéciaux, Stinox. Il la conduit avec succès, parcourt le monde pour lui donner une dimension internationale et en restera le patron pendant trente ans, jusqu’au jour de 1977 où il la vend à Thyssen. Il a soixante-cinq ans.

          L’histoire pourrait s’arrêter là : il a réussi sa vie et mérite un peu de repos. Mais à l’âge où d’autres quittent doucement la scène, Henry Racamier sort de l’ombre. Sa femme, Odile Vuitton, l’une des arrière-petites-filles de Louis Vuitton, est actionnaire de la marque avec ses cinq cousins. A l’époque, Louis Vuitton emploie 70 personnes et compte en tout et pour tout deux magasins. Son chiffre d’affaires ne dépasse guère l’équivalent de 10 millions d’euros. Louis Vuitton, PME prestigieuse mais modeste demande de plus en plus souvent conseil à Henri Racamier avant de lui confier les clefs en 1977.
Véritable génie du commerce, Henry Racamier part d’un simple constat : c’est dans la vente de détail que l’on gagne le plus d’argent. Il ouvre donc en dix ans un réseau de plus de cent boutiques, en particulier au Japon et aux Etats-Unis où la marque de luxe Française est beaucoup appréciée. En parallèle, la marque revoie son marketing, bien qu’elle bénéficie déjà d’une réputation très solide, notamment celle de toujours répondre aux exigences de ses clients les plus difficiles. Henry Racamier transforme la toile à monogrammes LV en emblème du luxe reconnu dans le monde entier et dote Vuitton d’une image puissante. 20 ans plus tard, Louis Vuitton affiche 690 millions d’euros de chiffre d’affaires, c’est-à-dire soixante fois plus qu’à son arrivée.

          En Juin 1987, Louis Vuitton, leader des bagages haut de gamme fusionne avec Moët-Hennessy, roi du champagne et du cognac. LVMH est né et devient une des stars de la Bourse… Pendant un temps. Lors du krach de la bourse d’octobre 1987, LVMH devient fragile. Un homme l’a bien compris : Bernard Arnault. Ce financier, déjà repreneur de Boussac et Dior, achète des actions LVMH discrètement. Lorsque quelques mois plus tard Henry Racamier cherche un allié pour asseoir la position de LVMH en bourse à nouveau, Bernard Arnault semble le candidat idéal. Bernard Arnault, associé à Guinness, prendra le pouvoir chez LVMH, s’alliant alternativement aux uns et aux autres et finira par évincer Chevalier, le patron de Moët-Hennessy et Racamier. En avril 1990, Bernard Arnault est reconnu officiellement comme directeur de LVMH.
Henry Racamier mourra le 29 Mars 2003.

 


 

 

 

 

 

 

CHAPITRE 6 : BERNARD ARNAULT, L'ACTUEL DIRIGEANT

 0510 bernard arnault 1200x675Bernard Arnault

          Bernard Arnault est né le 5 Mars 1949 à Roubaix. Il est un homme d’affaires Français, propriétaire du groupe de luxe LVMH, du Groupe Arnault et du holding Christian Dior. Il a été élu 4ème richesse mondiale en 2018 d’après Forbes et la première en Europe.

          Suite au Krach d’octobre 1987, Bernard Arnault fait l’acquisition d’actions chez LVMH, le récent groupe de luxe issu de la fusion le 3 juin 1987 de deux groupes français, Moët Hennessy, marque de Champagne et Cognac et du groupe Louis Vuitton. L’année suivante, en 1988, le groupe est à la recherche d’investisseurs. Le PDG de Louis Vuitton, Henri Racamier, et les actionnaires demandent à Bernard Arnault de prendre une participation importante dans l'entreprise. Il en devient l’un des actionnaires principaux.

          À la même période, la direction du groupe connaît des difficultés : outre la mésentente entre les familles, les deux coprésidents issus de la fusion (Henri Racamier pour Vuitton et Alain Chevalier pour les vins et spiritueux) divergent quant aux choix stratégiques du groupe paralysant ainsi le développement de LVMH. Alain Chevalier souhaitait revendre les activités vins et spiritueux à d'autres groupes, tandis qu'Henri Racamier devenu minoritaire dans le nouveau groupe voulait retrouver l'indépendance de Louis Vuitton. Dans ce contexte, Bernard Arnault considère que le groupe doit retrouver une direction unique et cherche à prendre la tête du groupe. Il profite des dissensions entre les deux hommes et s'affirme comme l'actionnaire pivot pour l'avenir du groupe en passant des alliances successives avec les deux parties.

         Pour prendre le contrôle définitif du groupe, Bernard Arnault lance une OPA. Profitant de la pagaille boursière et actionnariale, il devient en juillet 1988 premier actionnaire de LVMH. Bernard Arnault évince alors Alain Chevalier.  Le 13 Janvier 1989, Bernard Arnault est élu président du directoire de LVMH à l'unanimité. Henri Racamier cherche par tous les moyens à annuler l'OPA de Bernard Arnault, mais le 16 mai 1989, le tribunal considère qu'aucune irrégularité n'a été commise. L'OPA est validée, et Bernard Arnault est confirmé à la tête du groupe. La structure financière du groupe LVMH fait de lui un manager actionnaire. Il dirige opérationnellement le groupe tout en étant son actionnaire de contrôle.

          Bernard Arnault conduit depuis un plan ambitieux de développement du groupe, faisant de LVMH le premier groupe de luxe au monde. En onze ans, la valeur du groupe a été multipliée par quinze, tandis que le chiffre d’affaires et le bénéfice ont progressé de 500 %.

 


 

 

CHAPITRE 7 : YVES CARCELLE, LA DIVERSIFICATION

Yves CarcelleYves Carcelle

          Yves Carcelle est né le 18 mai 1948 à Paris. Il est diplômé de l’Ecole de polytechnique et de l’INSEAD. Vers la fin des années 1960, il s’oriente vers le marketing.

          Yves Carcelle commence sa carrière chez Spontex et Absorbia. Après avoir dirigé Descamps entre 1985 et 1989, Bernard Arnault lui propose de rejoindre le groupe LVMH au poste de Directeur de la Stratégie et en 1990, il devient PDG de la filiale Louis Vuitton.

          Sous sa direction, le malletier diversifie ses gammes de maroquinerie, entreprend de créer chaussures et prêt-à-porter et accueille Marc Jacobs. En 1999, Yves Carcelle prend la tête du groupe « Mode et Maroquinerie » de LVMH, qu’il quitte fin 2012 pour devenir vice-président de la Fondation Louis Vuitton.

          Il aura un bilan de carrière très positif : avec le nombre de boutique multiplié par deux, le chiffre d’affaires par dix, l’extension vers la Chine et une implantation dans toutes les plus grandes capitales du monde, ainsi que le développement de la gamme de prêt à porter avec Marc Jacobs, ses vingt années de carrière auront marqué l’histoire de la marque et l’auront placée au rang de première marque de luxe au monde.
Il meurt à 66 ans le 31 Août 2014 d'un cancer du rein.